
|
10
09 |
Samuel Barber, Francis Poulenc : à l’âge où le premier connaissait la célébrité avec le solennel Adagio pour cordes, le second suivait Cocteau et son Groupe des Six dans leurs facéties musicales. Deux univers artistiques en apparence incompatibles, deux tempéraments inconciliables. Et pourtant... après une première rencontre à Prague en 1946, les deux compositeurs découvriraient leurs affinités électives à l’occasion des tournées américaines du duo Francis Poulenc-Pierre Bernac entre 1948 et 1952. En 1949, Poulenc consacrerait une émission de radio entière à son nouvel ami américain, déclarant : « J’ai pour ce musicien autant d’admiration que d’affection. » Deux ans plus tard, Barber dédierait à Poulenc et Bernac ses Mélodies passagères, son unique cycle de mélodies en français, créé en 1952 à Paris par les deux musiciens.
Ce concert propose de mettre en lumière l’histoire de cette amitié étonnante, à travers plusieurs mélodies croisées : aux cycles de Barber (les émouvantes Hermit Songs ainsi que les énigmatiques Mélodies passagères) répondront ainsi les Banalités et Tel jour, telle nuit de Poulenc, où s’expriment autant l’esprit corrosif des Six que la gravité de l’auteur du Dialogue des Carmélites.

Récemment applaudi au Théâtre du Châtelet dans le Magdalena d’Heitor Villa-Lobos, Pelléas mythique sous la baguette de Claudio Abbado ou de John Eliot Gardiner, François Le Roux est aussi l’un des meilleurs spécialistes de la mélodie française. Il a participé à la première intégrale des mélodies de Poulenc (Decca), gravé des mélodies de Dutilleux, Debussy, Saint-Saëns, Duparc, Fauré, Gounod, et fondé en 1997 l’Académie Francis Poulenc. Son enregistrement du Dover Beach de Samuel Barber avec le Quatuor Stanislas (Gallo) a été acclamé par le Monde de la Musique et Opéra International.

Le pianiste franco-américain Jeff Cohen a toujours aimé pratiquer le mélange des genres et des répertoires. Chef de chant au Théâtre de la Monnaie (Bruxelles), responsable musical au Théâtre du Châtelet, professeur d’Initiation au récital « lied et mélodie » au CNSMDP, il s’est produit aussi bien avec Cecilia Bartoli, Veronique Gens et June Anderson qu’avec Jane Birkin ou Ute Lemper. Dans sa discographie, les mélodies françaises et les lieder de Mozart côtoient les chansons de Kurt Weill, Boris Vian ou Serge Gainsbourg. Il a travaillé avec des chefs d’orchestres (Georg Solti, Myung-Whun Chung, Christopher Hogwood, Michel Plasson) et des metteurs en scène prestigieux (Peter Brook, Patrice Chéreau, Roman Polanski, Giorgio Strehler).